L'armurerie

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Re: L'armurerie

Message  Armand R. de Maupertuis le Dim 4 Fév 2018 - 16:24

"Étrange... Étrange de voir comment le sonnet de Du Bellay fut amputé par le temps et les espoirs... "Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage"... ah ! belle promesse que voilà ! Idylle de l'ailleurs promettant le réconfort et l'heur, voilà qui plaît aux ouïes tourmentées voyant en la cause du délétère l'état du monde immédiat ! Que n'oublions-nous les vers suivants ! "Ou comme cestuy-là qui conquit la toison, Et puis est retourné, plein d'usage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son âge !". Le monde est clos, tout partout se rejoue; notre Joachim sidéré abandonnait volontiers les grandeurs du monde et les sirènes de Médée... Mais un instant, pensons. Pensons que la grandeur est trompeuse ; que tous, partout, investissent tant leurs arcanes qu'ils en viendraient à mordre ; que cet ailleurs promis est déjà conquis et habité, et que les autochtones défendent leur terre arme au poing. Soit, soyons tel Ulysse. Visitons ces contrées hostiles sans nous y arrêter, et rentrons chez nous... visitons-nous. Car voici qu'un constat accablant frappe de nouveau : l'ailleurs est identique. En toute utopie, en toute contrée, l'on verra resurgir les armes, la lutte, la hiérarchie, l'inconfort et les places à conquérir. Bah ! Traçons notre chemin. Ne jamais s'arrêter, voilà peut-être l'issue."

Armand pensait mélancoliquement à cette apparente nécessité, cette fatalité, cette attraction physiologiquement sympathique, de devoir en tout lieu, sinon combattre, tout du moins se défendre. Tandis qu'il pénétrait dans la vieille armurerie, il fut frappé de voir à quel point l'endroit évoquait par lui-même toute la morosité et la désolation accompagnant habituellement une œuvre de destruction. La poussière semblait avoir investi chaque recoin de la masure, y compris les rares souffles d'airs qui la faisait soudainement danser dans les rais nocturnes qui filtraient par les béances du toit. L'on trouvait en ce lieu un capharnaüm indescriptible, comme si les armes elles-mêmes avaient déjà livré bataille, et gisaient à présent dans l'hideuse fange d'un sol nu. Les établis croulant, rongés par les vers, semblaient provenir de quelque antiquité malsaine, tandis que, suspendus au plafond, des florilèges de lames se balançaient doucement tels des couperets en pendule, attendant de se jeter dans un puits de miasmes. La nuit et la fatigue ajoutaient leur glacis final au taudis mortel. "Jérôme Bosh y aurait sans doute vu un décor idéal... Je ne pensais pas pouvoir investir un jour l'un de ses tableaux".

Certains des objets entassés ici étaient parfaitement inconnus à Armand. Il lui semblait percevoir quelque similitude avec des mousquets, mais faits dans des matières étrangement luisantes. Il semblait ainsi que toutes les époques, tous les styles de combats, toutes les techniques, tactiques et artefacts s'y rapportant, se trouvaient rassemblés dans cette pièce. Le regard d'Armand fut attiré un instant par un objet un peu plus imposant que les autres ; entièrement blanc, probablement métallique, on eu dit un automate particulièrement rudimentaire, puisque la similitude avec son objet d'imitation (un nain, selon toute vraisemblance) n'était que très imparfaite. "Quelle étrange fascination que celle visant à vouloir reproduire l'humain...". Armand resta à observer l'étrange objet, qui ne bougeait pas, pendant environ quarante-deux secondes, puis tourna les talons en quête de l'objectif de sa venue : une rapière, une épée, un fleuret, ou quoi que ce soit qui puisse lui permettre de se défendre un tant soit peu.

Le fourbi était tel qu'il prit plusieurs minutes pour repérer les divers endroits où se trouvaient pareilles armes ; à sa grande surprise, les épées rencontrées étaient façonnées de fort rude façon, évoquant davantage les temps des croisades et de l'an mil que les rapières légères et vivaces des temps modernes. À l'issue de cette fastidieuse enquête, Armand décela finalement une lame lui convenant.


Test de chance :
1 : Armand tombe sur une lame de Tolède d'un maître espagnol  ; une rapière parfaite, puissante et légère, résistante ; dieu sait comment une arme de si grande qualité est arrivée ici.
2-3-4 : Armand déniche une rapière italienne très maniable, et assez semblable à celles qu'il avait l'habitude de manipuler :  légère, parfaite pour l'estoc.
5-6 : Armand ne trouve que des rapières de style allemand dans le stock. Plus lourdes, elles assurent certes une meilleure défense, mais ne correspondent pas au style d'escrime du gentilhomme ; apprivoiser cette épée correctement prendra plus de temps.
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Message  Lili Lame d'Ebene le Dim 4 Fév 2018 - 16:24

Le membre 'Armand R. de Maupertuis' a effectué l'action suivante : Jet du Destin


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